01 février 2009
La missive
Ainsi, les voilà qui arrivent nos preux chevaliers. Dans le lourd nuage de poussière qui approche nous les distinguons à peine sur leur monture fatiguée.
- Ils viennent d'accomplir un très
long voyage, dis-je à Pschitt.
- Qui sont-ils ces étranges
chevaliers ? - me demande-t-il.
- Don Quachoffe dit « El
Barbichou du Lĕon »
et son fidèle écuyer Prospérito Celleco de la Mancha del Norte.
Ils nous viennent de Lesňeven,
nous porter la missive que nous attendions depuis quelques jours.
Descendons les accueillir.
- Mais qui sont-ils vraiment ?
- Ce
sont deux bougres qui ont un jour décidé de combattre l'injustice, les
ronds-points et La Fleur.
- La Fleur ??
- Oui, ils délirent un
peu. Ils pensent qu'à Lesneven Le Chevalier La Fleur profite des
nuits sans lune pour fleurir à outrance les ronds-points lesneviens.
Tout cela reste très obscur. Ils vivent dans leur monde. Mais,
malheureusement, ils se sont présentés aux élections et, malgré
leurs troubles avérés, sont parvenus à se faire élire. Ils ont
même été tout proche de gagner les élections. Il a fallu de
subtiles manœuvres pour les empêcher de remporter le scrutin.
-
Ben mince alors.
- Ils tenaient absolument à nous amener leur
missive. Ils appellent ça: « Le bulletin d'une véritable
opposition. » J'ai demandé au patron de leur accorder un
laisser-passer de 24 heures pour nous la présenter. Les voilà qui
approchent, laisse moi faire, ils sont parfois très susceptibles.
- Bienvenue Messeigneurs, leur
dis-je, en m'avançant vers eux.
- Holà, El Andouille ! Ne serait-ce
pas Pschitt ton fidèle compagnon ?
- En personne, répondit
Pschitt.
- Tenez, prenez et lisez ! -- nous dit El Barbichou, en nous
tendant 3 feuillets jaunis -- Nous on va faire un tour au "Petit
oiseau qui frétille ".
- Faites messeigneurs, faites.
Rappelez vous que vous n'êtes autorisés qu'à rester 24 heures.
-
Oui et on compte bien en profiter. Nous cherchons notre dulcinée
Notre-Dame. On aimerait lui dire deux mots si vous voyez ce que je
veux dire.
- Messieurs, un peu de tenue ! Vous êtes au Paradis ici.
- Vous savez très bien qu'on ne respecte rien ni personne. J'ai combattu de féroces adversaires, c'est pas votre Dieu qui va me faire la leçon. Allez Prospérito
allons-y !
Et, partant vers l'espoir de plaisirs inavouables,
ils nous laissent à notre lecture.
- Il a l'air nerveux ce El Barbichou --me dit Pschitt--
- Il suffit d'un rien, un mot de travers, une ligne de budget mal expliquée, un projet trop rapidement ficelé, un ou deux arbustes abattus sans explication, une petite contre-vérité pas bien méchante et il monte sur ses grands chevaux. Prospérito n'est guère mieux, il paraît plus calme mais ne t'y fie pas, il est au moins aussi dangereux que son compagnon. D'ailleurs, on ne sait pas trop lequel des deux est le meneur.
- Sont-ce des agitateurs ?
- Bien pire mon ami, des opposants, des vrais. Et ils ont convaincu tout un groupe du bien-fondé de leur combat. Je crains que leur missive ne soit à leur image. Assoyons-nous et lisons.
(A suivre)
30 janvier 2009
Dernières précisions
Je tiens à apporter une petite précision à mon dernier message.
J'ai publié ces informations car nombre d'entre vous se demandaient pourquoi je n'écrivais plus aussi souvent. J'estimais que le temps était venu de les informer.
Ce message n'a pas pour but de
déclencher des querelles inutiles. Je ne cherche pas non plus à
m'opposer inutilement à la majorité dans un combat totalement vain.
Personne n'aurait à y gagner.
Cependant, j'estime que je ne pouvais
passer cette plainte et les menaces reçues sous silence. Je vous
devais bien cela mes chers lesnenevois.
Je ne me reconnais
pas dans l'équipe de M.Le Goff et dans certaines de leurs méthodes.
J'ai donc décidé de critiquer, à ma façon. Certains soirs de
colère mes propos ont peut être été parfois un peu trop loin pour
certains. Je peux l'admettre. Mais je n'oblige personne à me lire ni
à être d'accord avec moi. Par ailleurs, je reste toujours ouvert à
la discussion (je l'ai régulièrement rappelé sur ce blog).
En ces temps troublés, je souhaiterais
tout simplement pouvoir continuer dans le strict cadre de la loi sans
risquer une plainte ou des pressions. Je ne cherche pas
l'affrontement, simplement à pouvoir m'exprimer, critiquer,
caricaturer, m'amuser, rire et faire rire comme me le permet, je le
crois, le droit français.
Je répète que je serai toujours prêt à retirer ou modifier un article après discussion. Plutôt que de porter plainte d'emblée, le débat reste possible. Je crois être dans un pays civilisé et démocratique où les choses peuvent se régler sans forcément avoir besoin de l'autorité judiciaire.
A bientôt, j'espère
Robert,
andouille
Elu saveur de l'année 2008 par un jury de lecteurs de
Pschitt
28 janvier 2009
La peau de l'andouille chapitre final: L'Andouille démasquée
[Voilà de nouveau un trop long message. Ce qu'il contient est bien évidemment rigoureusement vrai]
En haut de notre tour, la
froiditude de l'hiver paradisiaque nous enveloppe de son bras gelé.
Je sens Pschitt s'endormir près de moi.
- Pschitt ??
- Mmmmhh ? Me
répond-il.
- Il faut que je te parle.
- Qu'est-ce qui se passe
?
- C'est une longue histoire mon ami,
une très longue histoire... Tu sais depuis quelques temps, je
n'écris plus grand chose.
- Mouais, en effet. Pourquoi ?
-
J'ai du récemment redescendre sur terre, à Lesneven plus exactement.
- A Lesneven, mais pour quelle raison ?
- Il m'a fallu répondre de mes écrits.
- Qu'est-ce que tu me chantes là ?
-
Lors de mon message de vœux à mes lecteurs, j'espérais une année
2008 plus sereine. Je crains qu'elle ne le soit pas car, comme je te
le disais à l'instant, j'ai du répondre de mes écrits.
- Je ne
comprends pas ??
------
- Rappelle toi, début juillet, plusieurs
messages menaçants me faisaient craindre une plainte à mon endroit.
- Oui, je me rappelle vaguement, le
masque, arouet, le maire etc..
- Eh
bien, il y a vraiment eu une plainte pour « diffamation envers
les cours, les tribunaux, les armées de terre, de mer ou de l'air,
les corps constitués et les administrations publiques »
ainsi que « diffamation envers un fonctionnaire public, un
dépositaire ou agent de l'autorité publique, un ministre de l'un
des cultes salariés par l'Etat, un citoyen chargé d'un service ou
d'un mandat public temporaire ou permanent » correspondant aux
articles 30 et 31 paragraphe III du chapitre IV de la loi sur la
liberté de la presse. Plainte dont un des buts avoué était de
savoir qui j'étais.
- Tu plaisantes ?
- J'aimerais. Tu
comprends maintenant mon silence depuis le début du mois. Je voulais
laisser la justice faire son travail sereinement sans attiser le feu
qui brûle déjà à Lesneven depuis quelques mois.
- Mais alors
tu es démasqué ??
-
Et comment !
- Et que va-t-il se passer ??
- Pour l'instant, je
l'ignore. Le maire peut retirer sa plainte (peut-être l'a-t-il déjà
fait ?), la justice classer l'affaire sans suite, sinon ce sera le
tribunal.
- Ben, mince alors.
- Tout ça parce que tu étais
anonyme ?
- Je ne sais pas. Vois-tu, j'ai bien pris garde de
respecter la loi. L'anonymat sur un blog n'est légal que si on
transmet ses coordonnées réelles à son hébergeur. Ce que j'avais
fait. Il semble que j'étais trop méchant.
- Toi, méchant ?
Laisse moi rire. Râleur, oui, parfois, mais méchant, non, je ne
crois pas t'avoir connu méchant.
- Je ne comprends toujours pas
pourquoi avant de porter plainte, on ne m'a pas simplement écrit que
certains de mes propos étaient trop corrosifs. En toute honnêteté,
j'aurais certainement retiré certains passages (c'est ce que j'ai
d'ailleurs fait sans qu'on me le demande). Je côtoie suffisamment la
souffrance humaine pour ne pas vouloir en ajouter. Mais je reste
étonné de réactions aussi violentes à la critique sans qu'aucune
discussion puisse avoir lieu.
Je
pense aussi que ceux, qui maintenant savent qui je suis, peuvent
comprendre mon anonymat. Etant donnée ma situation professionnelle,
il m'était préférable de rester anonyme pour écrire sur un blog.
D'autre part, je souhaitais épargner mon entourage famillial afin
qu'il n'ait pas à répondre de mes écrits.
Une
autre chose me surprend: pourquoi ne pas avoir porté plainte pour
savoir qui étaient:
Le Masque -- Riton Laveur --Arouet (qui
a, je le rappelle par un truculent jeu de mot, accusé à tort, sans
preuve et publiquement sur ce blog un lesnevien d'être une
Andouille) -- Hirondelle -- Yvon Melacher -- Tristesse -- Pschitt
(non je ne suis pas Pschitt, je préfère le redire) -- Jopette -- Néron
-- Point@virgule -- La Faucille -- Rion encoeur ??
Eux non
plus n'ont pas été forcément gentils avec la majorité, le maire,
les ronds-points trop fleuris...
Une
autre réflexion, que temps et d'énergie perdus pour démasquer une
andouille (qui à terme l'aurait sans doute fait d'elle même).
Etais-je vraiment si important à l'échelle d'une ville de moins de
7000 habitants ?
-----
-
C'est le bordel ! Me dit Pschit
- Plus que tu ne crois. D'autant
que, depuis le début, j'ai toujours pris garde de ne pas diffamer et
de n'attaquer les personnes que dans leurs prises de position et
leurs agissements publics, à ne jamais dénoncer sans preuve. Je
n'ai fait que des critiques, je n'ai jamais dit que les jardiniers
étaient inutiles et incompétents etc, etc ...(ce sont les propos
que me prêtait le maire dans son message de juillet -- cf la peau de
l'andouille Chap
1 et Chap
2 dans lesquels je m'expliquais déjà longuement à ce sujet).
Je n'ai pas non plus appelé à détruire quoi que ce soit ni à
insulter quiconque travaillant pour la commune. Il faut avoir
l'esprit mal tourné ou ne pas connaître le sens du mot humour pour
trouver ce genre de propos dans mes écrits. Je condamne bien
évidemment sans appel toute destruction de bien privé ou public et
toute insulte faite à quiconque.
-----
Il
me semblait qu'en France la liberté d'expression et d'opinion
n'était pas un délit et que j'étais, dans chacun de mes écrits,
resté dans le strict cadre de la loi sur la liberté de la presse. Je ne savais pas que l'humour pouvait représenter une telle menace.
Je
rappelle que les élus gèrent des fonds issus des impôts que
nous payons et que nous avons tous un droit de regard et de critique
sur l'usage qui en est fait. La fonction d'élu n'est pas une
fonction comme les autres, elle expose forcément à la critique. Les
opposants à la majorité actuelle sont nombreux (il suffit de
reprendre le résultat des dernières élections). On ne pouvait pas
espérer qu'ils se taisent tous, surtout après ce lamentable tract
nocturne de fin de campagne.
Les
blogs sont à mon sens une avancée démocratique. Ils permettent
de s'exprimer librement à condition de respecter le strict cadre de
la loi. Il me semblait y avoir toujours fait très attention et avoir, par ailleurs, toujours permis aux
opposants à mon blog de s'exprimer. Je rappelle que je n'ai
jamais reçu aucun message me signalant calmement que certains de mes
propos étaient trop violents. Je n'ai reçu que des propos
menaçants.
La seule chose critiquable dans ce blog est, j'en
conviens, l'anonymat. Mais ceux-là même qui le critiquent utilisent
ce procédé.
-----
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
-
Attendre.
- Attendre quoi ?
- Une confirmation
officielle de la fin des poursuites à mon encontre ou une
convocation au tribunal si les poursuites sont maintenues.
J'attends aussi que ceux qui ont dénoncé publiquement un lesnevien comme étant l'Andouille s'excusent auprès de lui. Ils ont maintenant la preuve de leur grossière erreur.
J'espère également que le maire avouera à Lesneven Autrement qu'il n'a jamais eu la preuve de la parution du nom d'un de ses adjoints sur leur blog à la fin de la campagne et qu'il a sans doute menti lors du conseil municipal du 22 mars 2008.
Au
moins comme cela tout sera clair et je pourrais revenir sur mon
terrain de jeu préféré qu'est l'humour. Je vous épargnerai ainsi ce
genre de message trop long.
J'en ai déjà trop dit.
- Pschitt ne vois-tu toujours rien venir ?
- Il me semble apercevoir deux cavaliers.
- C'est bien, ce sont eux. Attendons .
Bonne
nuit à tous.
Robert
Une pauvre andouille à Lesneven
05 novembre 2008
Lesneven ville fleurie mais sans l'Andouille
- Eh Bob, t'as vu le journal ce matin ?
- me lança Pschitt.
- Ouais, pourquoi ? - lui répondis-je,
en bougonnant.
- T'as rien remarqué ?
- Non pourquoi ?
-
Ça y est !!
- Ça y est quoi ?
- Les lesnenevois
l'ont eue, leur première fleur.
- J'en ai plus rien à
foutre mon pauvre Pschitt. Moi ça fait longtemps que je l'ai
perdue ma petite fleur.
- T'es désagréable Bob.
Arrête un peu de râler. Je te répète:
Lesneven a eu sa première fleur.
- Ça prouve bien
que je me suis trompé, que j'étais méchant et
qu'il ne fallait attacher aucune importance à mes commentaires
désagréables. Tout ça ne sert plus à
rien, Pschitt, taisons nous, gardons notre humour vachard pour nos
amis. Cela nous attirera mois de haine et d'ennui que de tenter
d'amuser les lesnenevois. On nous a tant reprochés d'être
anonymes qu'il vaut mieux tout arrêter. Nous poserons les
vraies questions fâcheuses à découvert quand le
temps sera venu. La liste de ces questions s'allonge de jour en jour,
je n'en avais posé que quelques unes et pas de vraies
questions gênantes. D'ailleurs, t'as vraiment l'impression
qu'il est démontable l'aquarium du Masque ? Tu penses qu'on
aura droit de fumer dans ce lieu couvert ?
- J'en sais rien et
puis on s'en fout.
- C'est vrai on s'en fout, et en plus je la
trouve plutôt bien faite cette véranda.
- Donc t'arrêtes tout ?
-
J'arrête d'être une andouille, j'ai envie de redevenir un
peu sérieux car ce qui se passe à Lesneven ne me fait
plus du tout rire. Je commencerai par prendre ma carte à l'UMP
pour être sûr de gagner les élections en 2014.
-
Mais, il faudra que tu ressuscites !
- Non, je crois que je me
réincarnerai, si le patron m'y autorise.
- En quoi ?
-
Je sais pas encore. Certainement pas en fleur, je risque de finir
arrachée ou collée sur un panneau à l'entrée
de la ville. La barbiche me tente bien. Ça serait pas mal un
deuxième barbichu à la mairie ? Mais moi, je te
promets, je mettrai une étiquette.
- Déconne pas
Bob. Avant tu me faisais rire.
- Toi aussi Pschitt mais maintenant
on s'ennuie ferme tous les deux, on ne dit plus rien, par peur d'être
de nouveau pris pour cible.
- Le Masque a gagné alors.
-
Sans doute, en tout cas il m'a suffisamment menacé pour que je
n'éprouve plus de plaisir à écrire.
Il y a
une chose que je ne comprends toujours pas aujourd'hui. Pourquoi tant
de haine ? De la colère, de l'irritation je peux le concevoir
mais j'ai senti une véritable haine s'abattre sur moi alors
que je disais des choses plutôt vraies.
- C'est peut être
ça qui a vraiment fâché tout le monde Bob.
-
Je ne sais pas, mais je n'ai toujours pas compris pourquoi ne pas simplement chercher à discuter sans menacer. On pouvait
même tenter de discuter avec humour et un certain talent comme
Arrouet le faisait. Malheureusement ses commentaires étaient
toujours teintés de menaces. Mes messages n'ont jamais cherché
à faire mal à qui que ce soit simplement à
railler et me moquer. Et j'étais toujours prêt à
discuter, j'aurais même retiré des articles si
besoin.
Les commentaires désagréables que j'ai reçu
m'ont, à chaque fois, plongé dans un profond désarroi.
Je ne pensais pas pouvoir cristalliser sur moi tant de colère.
Tu comprends maintenant pourquoi la Première Fleur de lesneven
compte si peu pour moi (et en plus, depuis que je suis au paradis, mes impôts ne paient plus le fleurissement).
- Donc
Le Masque a gagné pour de bon cette fois ?
- Oui, il me
fait taire indirectement car je ne peux plus supporter l'idée
d'écrire des vérités et de me faire agresser
verbalement dans un commentaire dans les jours suivants. Je ne peux être seul à critiquer, à supporter cette pression, il faut être plus nombreux.
- Que
restera-t-il de l'après Andouille alors ?
- D'après
ce que je sais après avoir dégusté une de mes
tranches, je laisse en bouche un léger goût poivré.
-
C'est tout ?
- C'est mieux que de petites bulles qui explosent en
quelques secondes !
Bob
Andouille cuite à point
PS: Mon blog reste ouvert à tous
les commentaires (que je modère bien sûr, si besoin).
Vous pouvez aussi me contacter par le lien contacter l'auteur dans la
colonne de droite. Je reste toujours ouvert à toute discussion
contradictoire à condition qu'elle reste courtoise.
Je
suis également à la disposition de L.A, du PS
lesnevien, du site de la mairie, de l'OMAC (Pschitt me dit que l'omac
n'existe plus mais c'est faux !) et de tous les lesnenevois, si
quelqu'un désire profiter de mes commentaires épicés
et gratuits. Je peux également faire des animations de
mariage, baptême, bat mitsva, salons, foires...
Je
signale par ailleurs aux webmasters de la mairie qu'il est impossible
de se connecter aux webcams, à moins qu'elles ne marchent
toujours pas. Peut-être que du paradis la connection est plus
hasardeuse ? Si quelqu'un réussit à se connecter, qu'il
soit gentil de me donner la marche à suivre.
27 octobre 2008
La déprime
Pschitt a raison, Bob déprime.
D'abord c'est un peu la faute de Pschitt, il me délaisse. Je sens qu'il se force à écrire de petits mots sur son blog pour me faire croire qu'il a encore envie mais je le lis entre les lignes. Le feu ne pétille plus en lui, seules quelques bulles crépitent encore au fond de son cul de bouteille. Et puis, les commentaires positifs de nos anciens amis se font rares depuis notre départ au paradis.
Je déprime.. la pluie qui fouette les carreaux de ma cellule paradisiaque ne m'aide pas à retrouver le plaisir d'écrire qui s'était pleinement épanoui au printemps dernier.
Peut-être suis-je comme les fleurs et bananiers lesneviens ? Peut-être ai-je besoin d'un hivernage en serre, à moins qu'on ne me jette tout bonnement à la poubelle ?
Et, regarder Lesneven, me rend encore plus amer. Dans les semaines à venir, vos employés municipaux tels des sisyphes des ronds-points, reprendront le cours infini de leurs plantations. Au printemps prochain, ils arracheront de nouveau leurs créations de la main même qui les aura plantées, témoignage infernal du cycle absurde de la vie, condamnés par je ne sais quels dieux grecs à recommencer indéfiniment leur tâche.
Cela pour votre bonheur et vous faire oublier les tracas quotidiens lors de vos circonvolutions automobiles.
Vu du paradis, cela ne parviendra pas à me remonter le moral. Chez nous, tout là haut, il n'y a que peu de ronds-points, simplement de vastes étendues boisées et fleuries, fort monotones à mon goût citadin.
Vous, vous êtes heureux. A
Lesneven, le fleurissement ne coûte presque rien, est effectué
par un seul jardinier, n'utilise pas d'eau ni de serres (du moins
dans les derniers calculs municipaux).
Ici, même
Dieu s'interroge :
- Comment cela se peut-il ? - me demande-t-Il
régulièrement - Cela tient du miracle !! Il n'est
humainement pas possible de créer tant de beauté avec
un seul salarié sans que je ne donne mon petit coup de pouce
(vert). Moi, il m'a fallu six jours. Certes j'étais seul, mais
je suis Dieu tout de même. Je vais suggérer à mon
ami Benoît d'envoyer un ou deux émissaires du Vatican
afin de trouver qui il doit canoniser à Lesneven. Il y a un
miracle et il faut trouver d'où il vient !
- C'est peut-être le
concours des villes fleuries de 6e catégorie qui donne des
ailes aux Lesneviens, lui répondis-je.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
me questionne-t-Il.
- C'est une sorte de concours où il
faut être le plus beau pour gagner une fleur.
- C'est un
peu bizarre - me dit Dieu.
- Oui, et cette année Lesneven
(tout comme Trégarantec) a le droit de concourir pour la
première fleur !
- Et alors ??
- Ben rien ! On aura juste le droit de
mettre un panneau avec une fleur à l'entrée de la
ville. Mais pas pour l'instant, encore faut-il que le comité
régional l'accorde aux lesneviens!
- Tout ça pour ça ?
Depuis 2 ans que vous cultivez vos ronds-points, on ne vous a
toujours pas donné la fleur tant convoitée.
- Vous savez, Dieu, une jeune femme
lesnevienne bien élevée ne vous donne jamais sa fleur
le premier soir, elle sait se faire désirer. Alors, à
Lesneven on a l'habitude.
- Mais là, c'est un peu long.
-
Un vrai sacerdoce !
- Ne vous moquez pas de la religion
l'Andouille ! Et Il disparaît dans un grand nuage blanc, me
laissant seul avec ma mélancolie.
Bob, andouille esseulée
15 octobre 2008
Qu'est-ce qu'un lesnenevois ?
C'est l'automne, les feuilles tombent, les fleurs abandonnent les ronds-points pour gagner des cieux hivernaux plus propices à la maturation de leurs bourgeons printaniers. Là haut, au paradis, je guette l'actualité lesnevienne mais rien ne vient depuis trois mois.
Il y a bien les rencontres historiques du Léon
qui n'ont été qu'un demi succès (ou un demi échec,
selon les points de vue, mais Robert est de nature optimiste depuis
qu'il est mort). Le sujet était sans doute trop pointu. Je
propose pour l'année prochaine un sujet plus d'actualité
que le lin: « le chanvre indien dans le Léon,
passage d'une culture anonyme au 18e à un usage intensif au
21e siècle ». Vous pouvez espérer que votre
cher nouveau musée sera inauguré à cette date pour accueillir les conférenciers. D'après
wikipédia, il doit rouvrir en 2008 ! Mais Wikipédia
n'est pas une source fiable puisqu'elle met des accents à Le Flô.
Pendant ce temps, si j'en crois les derniers articles parus ces derniers jours dans les journaux, le barbichu et ses amis, toujours amers depuis leur brillante défaite, randonnent déguisés en elfes celtes. Afin de ne pas répéter les erreurs passées, il semblerait que L.A ait tenté un rapprochement avec le PS lesnevien en vue des élections de 2014 ou 2020. Ils auraient proposé, dans un esprit d'apaisement qui les honore, une « randonnée réflexive » à Jarnac. La section locale du PS l'aurait mal pris. En effet, il s'agit bien là d'une erreur diplomatique. Pour un militant PS, Jarnac renvoie plutôt à l'image de la mort du socialisme triomphant.
Il fallait choisir Solutré, M.
Le Barbichu, amener avec vous un ou deux labradors et un ami frisé
(pour faire un faux Jack Lang). Dommage ! Ce sera peut-être
pour 2026 !
Ici, au paradis, tout va bien mais régulièrement, car mon blog a autant de succès au paradis qu'il n'en avait sur terre, d'aucuns me demandent ce qu'est un lesnenevois. Je me vois tenu de leur expliquer. Nous allons nous livrer à une petite expérience.
Avant toute chose, il faut préciser qu'un Lesnenevois est d'abord un lesnevien. Peu importe qu'il réside ou non sur la commune de Lesneven, il faut seulement être lesnevien de coeur. C'est un peu comme pour se présenter sur une liste pour les élections, l'important c'est d'aimer Lesneven, pas d'y vivre.
Début de l'expérience:
Prenons donc un lesnevien, un vrai, un
honnête lesnevien. Un lesnevien qui se rend compte chaque jour
du bonheur quotidien de vivre à Lesneven. Un lesnevien
heureux quand il ne se passe rien à Lesneven. Un lesnevien qui
aime que les jours, les saisons, les années se ressemblent et
que les choses restent ce qu'elles sont. Un lesnevien qui admire le
respect de l'ordre établi et des traditions. Un lesnevien qui
préfère la rigueur rassurante du passé à
l'angoisse d'un futur incertain. Un lesnevien qui ne dit rien et qui,
sur son lit de mort, prend le temps de souffler à ses enfants
qu'il a souscrit une assurance obsèques et pris une concession
au cimetière pour ne pas causer de tracas le jour où il
s'en ira. Prenons donc ce vrai bon Lesnevien.
Maintenant,
faisons lui lire les blogs de l'Andouille et de Pschitt pendant
quelques semaines.
Que se passe-t-il ?
Le bon lesnevien va
peu à peu, et malgré lui, se trouver contaminé.
Le fiel s'insinue insidieusement dans son esprit, auparavant sain. Au
départ, il ne se rend pas compte de ce qui lui arrive. Mais
son entourage détecte quelques signes de changement.
Le
vendredi, au grand étonnement de son épouse, il ne dit
plus: « je ramènerai le Kannadig en allant faire
mes courses », mais, revenant sa baguette et le journal
sous le bras :« La Véяité
ment encore par omission ».
Sa femme s'inquiète,
et en parle à son entourage. Mais les signes évoluent.
Bientôt, il se met vraiment à critiquer. Chose tout à
fait incongrue, car personne dans sa famille, n'avait encore osé dénigrer quoi que ce soit depuis des générations.
On l'entend dire «
Maintenant, je me casse le dos à ramasser mes déchets
verts, pour en plus conduire ma remorque en passant devant Les 4
Anneaux Olympiques [1, cf plus bas], La Bananeraie du Carpont et Le Torii de la gendarmerie, quel
bordel ! ».
Sa femme s'inquiète vraiment, en
parle à ses amies :« Il ne reconnaît plus la
ville où il vit depuis son enfance ! Il change tous les noms
des ronds-points, me parle de tuyaux pompidoliens, de l'arche de
Pschitt, d'un aquarium sur la place le Flo (qu'il écrit le
Flô), qu'il vit dans une cité de caractère. Je
pense en plus qu'il me trompe car il ne cesse dans son sommeil de
crier "Pimprenelle" ! »
L'une de ses amies lui répond:
« je crois qu'il développe son sens critique »
« C'est grave ? Ça se
soigne ? » demande l'épouse.
« S'il va jusqu'à
remettre en cause l'autorité, ça peut lui attirer des
ennuis mais quelques conseils avisés le remettront dans le
droit chemin »
Malheureusement les jours passent,
les signes évoluent. Le bon lesnevien autrefois si paisible
montre maintenant des signes d'irritabilité. La lecture
quotidienne des blogs le rend aigri, il en veut au pouvoir en place,
il veut que tout change, n'arrête pas de dire « il
faut que ça se sache ». Cependant, au grand
désarroi de ses proches, il n'arrête pas de rire et de
faire des blagues à l'humour parfois douteux et grivois. Après
plusieurs mois de lecture, le bon lesnevien devenu lesnenevois en est
au stade terminal. Un soir, la gendarmerie appelle son épouse:
on vient de le retrouver nu sur un rond-point, le ventre dilaté
au milieu de centaines de bouteilles de Pschitt et de peaux
d'andouille éparpillées, éructant des propos
incohérents et hurlant « je suis au pinacle et j'en
ai rien à foutre ! ».
Fin de l'expérience
Que
peut-on en déduire ?
Qu'un lesnenevois est un bon lesnevien qui a mal tourné. Autrefois honnête, discret, travailleur, prévenant, aimant pour son entourage, en devenant lesnenevois, il s'est transformé en une bête immonde incapable d'appeler les ronds-points par leur nom, critiquant toutes les décisions prises par les autres, ignorant tout le bien qu'on fait pour lui, délaissant son entourage, faisant régulièrement preuve d'un humour très douteux.
Conclusion
Je me suis rendu compte
du mal que je faisais à la ville de Lesneven et à tous
ses habitants. Petit à petit, en distribuant mon point de vue
inique, je vous ai tous contaminés, vous êtes tous
devenus des lesnenevois.
Je pressentais que certains s'approchaient du stade terminal, j'ai donc diminué mon activité afin de ne pas créer le trouble dans les bonnes familles lesneviennes dont vous faites tous partie.
Et ceci grâce à qui ? Grâce à des gens qui ont su me faire apparaître, par la lumière de leurs commentaires, la férocité dont je me rendais coupable envers vous tous.
Rassurez vous, je me suis calmé et j'ai ravalé mon fiel. Maintenant, je suis au paradis et Lesneven est vraiment tout petit vu de là-haut.
Robert, andouille
"Ich bin ein Lesnenevois" [J.F. Kennedy au cours de vacances dans le léon] traduction e-brezhonneg: " Me zo un Lesnenevenois"
[1] Il n'y a en effet plus que 4 anneaux sur le rond-point olympien. Un continent a disparu depuis la fin de l'été, si mes connaissances sont exactes c'est l'anneau bleu de l'europe, sans doute un symbole que je ne peux comprendre. Des drapeaux tibétains ont également séjourné sur ce rond-point, ils ont eux aussi disparu. Tout cela est mystérieux. Si quelqu'un peut nous expliquer, qu'il n'hésite pas à me contacter.
25 septembre 2008
Chapitre 5 - "Au petit oiseau qui frétille"
Enfin, après avoir erré quelques heures dans les rues de notre auguste cité paradisiaque, je parvins à la porte de l'établissement que je cherchais.
Je poussai l'huis, trois petites clochettes en forme de gland tintinnabulèrent. Une épaisse fumée de tabac enveloppait l'intérieur du bar, si dense qu'on ne pouvait distinguer le fond de la pièce. J'avançai de quelques pas et jetai un œil autour de moi. Les clients étaient sagement attablés, en pleine discussion. Devant eux des pintes de bière s'alignaient mais, à mon grand étonnement, vu le nombre de verres vides, personne ne semblait atteint par l'ivresse. Tout était calme.
J'aperçus Pschitt au fond du bar, attablé avec le Fils du Père, Arrouet (le vrai, le rempailleur de fauteuil) et une jeune femme dont j'ignorai le nom. Elle portait une tenue de bergère pyrénéenne et Pschitt, vu son air béas, semblait apprécier sa compagnie. Ce petit groupe s'agitait un peu nerveusement autour d'une partie de tarot.
- Ça y est, je la vois ! s'écria la jeune femme. Ses trois compagnons de jeu se redressèrent.
- Qui ça ? S'écria Arouet.
- Ta mère, dit-elle en se tournant vers l'Elu (avec une majuscule, c'est ce qui le différencie du barbichu qui lui est « un élu » )
- Si c'est comme ça j'arrête, s'écria Arrouet, elle nous fait le coup à chaque fois qu'elle joue, dès qu'elle a la reine de coeur, elle croit avoir encore une vision ! Pschitt, pourquoi tu nous a encore amené Bernadette ? Moi, le tarot j'en ai marre, la prochaine fois on fait une belote juste entre hommes. Ramène là dans sa grotte ! Ou alors tu nous amènes Jeanne. Elle, elle se bat comme un homme, tans pis si elle sent un peu la fumée comme ton ami l'Andouille, ajouta-t-il un brin sarcastique.
- Calme toi, lui dit Pschitt posément et il se tourna vers la jeune femme: - Bernadette, ce n'est pas la Vierge, c'est Judith, la dame de cœur.
- Excuse moi, Pschitt, répondit Bernadette, c'est une déformation professionnelle, je la vois partout.
- Bon, on continue ? demanda le stigmatisé Barbichu (L'élu barbichu lesnevien, lui, arbore dans son dos les stigmates de la défaite. La légende voudrait qu'un rose couteau tenu dans une main bleue lui ait infligé ces blessures et qu'elles saigneraient toujours malgré les soins prodigués. Les historiens et archivistes lesnenevois nous diront certainement un jour le vrai du faux...)
Et la partie reprit son cours. Préférant, ces jours-ci, ignorer Pschitt, je me retournais vers le comptoir et m'apprêtais à commander une bonne bière mousseuse et fraîche.
- Hep, l'Andouille !
Je me re-retournais. Un homme en soutane assis de l'autre côté de la pièce venait de m'interpeller.
- Commande deux pintes et viens ici ! Me dit-il d'un ton ferme. Je ne pus que lui obéir et m'installai à côté de lui une fois les deux pintes commandées.
- Bonjour, me dit-il en me tendant la main, je m'appelle François, François d'Assise plus exactement.
Mon sang ne fit qu'un tour, je m'apprêtai à me lever et à m'enfuir quand il me retint par la ficelle accrochée au sommet de mon crâne.
- T'en fais pas l'Andouille (avec une majuscule même si je ne suis ni l'élu ni l'Elu). Moi, je suis pas rancunier et tout ce que t'as dit sur moi, je m'en contrefiche. C'est pas pire que ce que Le Patron a inventé: que je parle aux oiseaux et tout ça. Donc ne t'inquiète pas, je sais qu'au fond tu es un bon gars et qu'en te moquant de moi, tu visais bien plus haut. C'était d'ailleurs plutôt drôle. Enfin, personne n'en a rien à foutre de mon avis... Tu nous as donc rejoint au paradis. Pourquoi t'es-tu fait hara kiri ?
- Non, lui répondis-je tristement.
- Non ??
- Le paradis, c'est pas ici, c'est bien en bas, à Lesneven.
- Pourquoi dis-tu ça?
- Parce que à Lesneven, tout est bien. Il n'y a rien à critiquer, tout est fait pour le bonheur du contribuable:
les ronds-points sont parfaits et, si j'en crois les derniers chiffres publiés par la mairie, ils ne coûtent presque rien et les ouvriers y passent très peu de temps.
les lesnenevois vont avoir un tout nouveau musée à la gloire de leur petite région. Musée qui sera, à son échelle, certainement digne du Louvre. Sans doute y aura-t-il à l'entrée une grande pyramide en verre ou un menhir en plexiglas triomphalement dressé vers les cieux, toujours radieux, de la cité lesnevienne. De toute façon, comme tout ce qui a été entrepris ces dernières années, ça ne pourra être que formidable et grandiose. Là, en plus, au niveau budget, on a mis le paquet mais avec tact et mesure, toujours sans emprunter pour garantir une gestion saine de la ville.
le camping de l'hippodrome provisoirement rouvert fin Août a rencontré un succès fulgurant (plus de 100 caravanes se sont installées dès le premier jour d'ouverture !)
on a réussi à faire s'éteindre à petit feu l'OMAC. En effet, point n'est besoin d'un office culturel à Lesneven, les lesnenevois sont, par essence, cultivés et n'ont besoin d'aucune aide pour nourrir des cerveaux déjà hors du commun
on ne ramasse plus les déchets verts pour aider à l'équilibre des composts faits à domicile
- après la visite du "comité pour le développement des latrines de France", il semblerait que notre cité obtienne d'emblée la récompense de trois latrines en raison de la qualité de ses installations. D'après ce que je sais, ce serait une première en France pour une petite ville de moins de 7500 habitants.
grâce à des vérandas démontables, on protège les fumeurs des dangereux non-fumeurs.
la fête foraine va peut être disparaître, pour le bien de tous et la tranquillité de la ville. Le pardon du Folgoët pourra alors durer deux week-ends afin de ramener les agités dans le droit chemin.
le bonheur des lesnenevois est si important que les impôts vont augmenter, ainsi pourra-t-on continuer à faire le Beau et le Bien
Tu vois, Saint-François, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possible (s'il ne restait encore quelque gauchiste embarbiché non étiqueté errant dans les rues et, parfois, à la mairie). Je me suis rendu compte que le Kannadig nous disait vraiment la véяité et que Lesneven Magazine était une revue parfaitement objective (sauf les derniers commentaires bien sûr..). Je ne servais donc plus à rien. J'ai préféré me taire et rejoindre Pschitt. Voilà mon explication mon Saint-François.
- Pas de chichi l'ami, appelle moi Assise. Et vous n'avez pas encore de Taser pour chasser les agitateurs et -tateuses dans votre jolie petite ville ? Il faut au moins ça pour assurer le bonheur et la tranquillité de tous.
- Pas pour l'instant, mais il semblerait que l'on ait trouvé un deuxième emploi aux deux défibrillateurs achetés récemment. Il y a un projet de reconvertir ces deux appareils en Tasers nouvelle génération afin d'assurer la sécurité des lesnenevois. On dit que si on les règle sur la bonne fréquence, ils reconnaissent automatiquement un gauchiste non étiqueté subversif ou un agitateur amoral, d'un honnête lesnenevois. On appuie sur le bouton et, si besoin, la décharge part. Il n'y a plus de risque de bavure et n'importe qui aurait le droit de l'utiliser. Et ça, c'est vraiment le bonheur. Si tout cela est vrai, je regrette d'être monté, mon cher Aziz.
- Non, Assise !
- En breton, moi je dis Aziz.
- Appelle moi comme tu le souhaites. Allez, je paie une autre tournée.
- Dis donc Aziz ?
- Oui, l'Andouille.
- Pourquoi la bière ne semble pas me saouler ici et comment se fait-il que l'on puisse fumer dans un débit de boisson ?
- Pour le tabac, on peut fumer tant qu'on veut, on est déjà tous morts ici, ricana-t-il.Quant à l'alcool, c'est Le Patron qui a décidé qu'il ne saoulerait plus au paradis. Il y a eu trop de grabuge les premières années, un peu comme sur votre place le flô.
- Le Flo, rectifiais-je instinctivement.
- Mais c'est ce que j'ai dit, répondit Aziz.
- Mais ce n'est pas ce que j'ai lu, répondis-je du tac au tac. Ce n'est rien, sans doute une erreur de frappe. C'est une faute fréquemment rencontrée chez les incultes de l'orthographe tels que nous. Allez à la tienne - je me levai et, d'un geste triomphal, brandis ma bière vers les cieux enfumés - Maintenant, lève toi, Assise et trinquons ensemble !
Fin du Chapitre 5
17 septembre 2008
Chapitre 4 - La Rencontre -
Lorsque la porte se referma derrière moi, je remarquai l'absence de poignée. Serais-je donc condamné à rester dans le paradis de ceux qui se croient drôles ?
Je me retournai, s'offrit alors à moi un spectacle que je ne pouvais imaginer.
En bon chrétien, mon esprit alimenté depuis l'enfance par les images du jardin d'éden, s'attendait à voir devant lui un paysage vert et fleuri, agrémenté de quelques pommiers gorgés de fruits que nous n'aurions pas le droit de toucher, un paysage ressemblant aux ronds-points lesneviens en un peu moins ronds et sans bitume autour. Un endroit où les hommes vivraient nus en harmonie avec les plantes et les bêtes (comme c'était le cas chez nous sans qu'on y soit encore nus).
Eh bien non, rien de tout cela, devant moi s'étalait des rues arpentées par de nombreux quidams. Je ne pensais pas que nous étions aussi nombreux à nous croire drôles. J'interpellai un homme habillé d'un chasuble orange type DDE et qui semblait être là pour renseigner les nouveaux arrivants.
Tout à coup et à mon grand étonnement, croisant mon chemin, je remarquai Georges Pompidou. Je demandai au fonctionnaire paradisiaque ce que ce monsieur faisait là car il ne me semblait pas qu'il se soit un jour rendu coupable d'un trait d'humour.
- Cette section du paradis est également destinée à ceux qui étaient drôles sans le savoir.
- Pompidou a été drôle sans le savoir ? Je ne me rappelle pas quand.
- N'a-t-il pas dit « Je ne pense pas avoir d'avenir politique; j'ai un passé politique; j'aurai peut-être un jour, si Dieu le veut, un destin national » ?
- C'est drôle ça ?
- A posteriori oui, puisque Dieu a décidé qu'il serait le seul président au paradis de l'humour.
- Ah, bon, fis-je, un peu surpris. Mais je cherche Pschitt pourriez-vous m'indiquer où il réside ?
- Pschitt ? Celui qui s'est déjà fait remarquer par le patron ?
- Sans doute, oui, c'est un peu son style.
- Celui qui vient d'arriver il y a quelques semaines ?
- Je pense que ça doit être lui.
- Je sais qu'il passait pas mal de temps « Au petit oiseau qui frétille », c'est un bar un peu glauque au niveau de la 9e rue. Mais il me semble qu'il a été conduit à l'étage des stagiaires paradis car il s'est fait remarquer en voulant trousser Bernadette Soubirous dès son arrivée. Elle lui faisait penser à une certaine Pimprenelle mais personne n' a rien compris à ses explications sordides et Dieu l'a rétrogradé « stagiaire paradis ».
- Comment puis-je le trouver ?
- Prenez l'ascenseur et descendez à l'étage en dessous.
- Merci mon bon , lui dis-je et je pris de ce pas l'ascenseur.
La porte s'ouvrit sur un nouveau couloir étroit beaucoup moins accueillant que celui de Saint-Pierre, une lumière sombre permettait à peine de voir les portes réparties de part et d'autre. J'avançai presque à tâtons et remarquai, en passant devant chaque porte, qu'un nom y était inscrit. Je parcourus presque 100 mètres et parvint à déchiffrer PSCHITT, écrit en lettres d'or sur une porte miteuse.
Je ne pus que ravaler un sanglot: dire qu'à Lesneven la grande arche était gravée à son nom, et maintenant, le voilà perdu au milieu d'illustres inconnus ! Je frappai, non sans une certaine émotion. Il s'agissait de notre première rencontre. Nous avions entretenu pendant des mois cette relation honteuse par l'intermédiaire de nos claviers mais jamais nous ne nous étions vus. Un doute s'empara de moi: et si je ne le reconnaissais pas ? Et si je me trompais de Pschitt ?
Aucun bruit ne filtra de derrière la porte, il ne semblait y avoir personne.
Mais tout à coup un vacarme énorme venant de l'ascenseur me fit tressaillir. J'entendis « Nom de Dieu, de bordel de merde, j'en ai marre de me cogner partout dans ce couloir pourri ! »
Une alarme, venue d'on ne sait où, retentit et une voix vociféra: « PSCHITT, vous réciterez 3 Ave et deux Pater de plus en raison de votre langage ordurier tenu à l'encontre de Dieu »
- Je t 'en foutrai du langage ordurier ! Et le maire de Lesneven, il a du en dire combien des Ave parce qu'il avait insulté un barbichu au conseil ! Aucun je suis sûr ! Si c'est ça être juste et bon, je préfère descendre en enfer, peut être qu'on pourra s'amuser un peu plus !
Mon esprit se mit à bouillir, c'était lui ! Dans la pénombre, je ne pouvais pas encore le distinguer, mais je sentais déjà sa présence, de petites bulles de gaz parvenaient déjà jusqu'à mes petites narines d'andouille. Je devinais une forme allongée se tenant raide au bout du couloir. Et je l'entendis de nouveau dire de sa douce voix pétillante.
- Ça sent la fumée ici, il y a quelque chose qui brûle, pourtant je ne suis plus sur la place le Flô ! Eh Dieu, amenez les pompiers célestes ! J'espère qu'ils ont une plus belle caserne qu'à Lesneven ! Il marqua une pause. C'est bizarre, dit-il, cette odeur me rappelle quelque chose, comme une odeur de charcuterie. Bordel de nom de Dieu, ça sent l'andouille !
La voix vociféra de plus belle: 4 Ave et 6 Pater pour Pschitt !!
- Robert ?
- Oui, c'est moi, dis-je d'une voix roucoulante et suave.
Nous nous lançâmes l'un vers l'autre dans une course effrénée. Moi, sautillant aussi bien que je le pouvais en prenant garde à ne pas trop me cogner. Je le devinais, s'avançant vers moi, par petits sauts . Petit à petit, je pus le distinguer et vis que ses sauts frénétiques faisaient naître sous sa capsule des milliers de bulles pleines de promesses.
Nous nous percutâmes. Sa capsule sauta, laissant exploser un grand jet de limonade.
- Bob, y a que Pimprenelle qui savait me faire ça !
- Je sais Pschitt, je sais, lui répondis-je, en lui remettant difficilement sa capsule. [1]
Et nous nous enlassâmes, ou plutôt nous nous frottâmes l'un à l'autre pour nous saluer fraternellement.
- Nous avons tant de choses à nous dire, dis-je.
- Si tu savais, me dit-il, je reviens de Lesneven. C'était la foire, ce week-end !
- La foire au poneys ? Dis-je, étonné et j'ajoutai immédiatement: mais comment as-tu fait pour aller à Lesneven ce week-end ?
- Tu n'as pas lu mon blog ?
- Non, avouais-je, honteux.
- C'était les fêtes foraines et ça a vraiment été la foire cette année, du début à la fin !
- Tu me raconteras. On a l'éternité devant nous maintenant.
Fin du chapitre
[1] Les avis divergent sur cet épisode. Il semblerait que Bob n'ait jamais été capable de faire pschitter Pschitt. C'est son arrogance naturelle que l'a fait ajouter ce passage. Seul Pschitt pourrait nous dire la vérité.
09 septembre 2008
CHAPITRE 3: Sur les traces de Pschitt
Je m'avançais lentement vers une porte close dans ce couloir un peu étrange sans véritable plafond, inondé d'une lumière trop intense. Près de la porte siégeait un homme assoupi, s' étalant tel une limace sur une chaise trop petite.
" Hmm ! Hmm ! " fis-je.
" Qu'est-ce que c'est ? " s'écria l'inconnu, s'éveillant en sursaut
" Je peux entrer ?
-Qui êtes vous ?
-Robert l'éponge
-Connais pas, vous êtes pas attendu, demi-tour. Ouste ! On dégage ! Y en d'autres derrière !
-On m'appelle aussi l'Andouille de Lesneven (avec une majuscule), dis-je fièrement"
Un rictus gêné se dessine sur ses grosses lèvres que l'on voit poindre derrière sa barbe fournie.
"- ah, c'est vous...
- Y a un problème ?
- Je crois. Il faut que j'appelle le boss.
- Le Goff ??
- Non, le boss, le grand manitou, le guide suprême, appelez le comme vous voulez mais jusqu'à présent on l'a jamais appelé comme vous dîtes.
- Mais le boss, c'est M. Le Goff ! Je ne suis pas à la mairie de Lesneven ?
- On vous aura mal renseigné. Je suis M. Pierre, Saint-Pierre, gardien des portes du paradis.
- Saint-Pierre ? Je suis vraiment pas à la mairie alors !
- Non vous êtes à la porte du paradis ! Je viens de vous le dire !
- Mais, à Lesneven, on m'a dit que c'était pareil !
- On vous a manipulé !
- Encore... j'en ai marre ! " Là, je m'effondre en pleurs. " J'en ai marre y a déjà eu Arrouet qui écrit des trucs que je peux pas comprendre, le masque etc..Y a pas quelqu'un de gentil sur cette terre ? "
- Y avait.
- Yaveh ? Lui, il est gentil ?
- Non, enfin, je veux dire si. Je vous dis « y avait pas quelqu'un de gentil ... » car vous n'êtes plus de ce monde là.
- Ah « y avait ». Je comprends, fis-je en sanglotant, je vous repose ma question « y avait pas quelqu'un de gentil sur cette terre ? »
- Pas beaucoup non, y a qu'à voir le bordel en bas ! Bon y faut que j'appelle le patron pour savoir ce que je vais faire de vous mon vieux. Vous en avez énervé plus d'un là-haut !
- Ah, bon ! Là aussi !
- Saint-François, il aime pas trop qu'on parle de certaines choses. Surtout pas de son petit oiseau. Mais j'en connais une qui va être contente, si on vous laisse passer.
- Qui ça ?
- Notre Notre-Dame. Elle arrête pas de dire que « ça [lui] changerait de son petit oiseau que d'avoir chez elle une grosse andouille qui a les c... de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Et que au moins l'Andouille y défend les femmes ». Je la cite, elle a parfois un langage un peu cru. Il faut l'excuser, c'est à cause du François, il est pas tous les jours facile.
- Ah bon et, je serais donc mort ?
- Oui, totalement et c'est irréversible. Personne n'a encore rien trouvé pour revenir en arrière. Sauf le patron, bien sûr, mais seulement pour sa famille proche.
- Encore un privilège contre lequel je ne peux que m'insurger.
- Faites pas le malin, mon vieux, le chef y rigole pas avec ça. Si vous voulez passer cette porte y faut pas trop critiquer, cher monsieur l'Andouille.
- Je sais mon Monsieur Pierre mais c'est mon grand défaut.
- Attendez un peu ici, j'appelle le patron,coupe-t-il brusquement. Vous en voulez une ? - me dit-il, en me tendant un paquet de cigarettes blondes.
- Mais c'est interdit, c'est un lieu couvert ! Rétorquai-je.
- Quoi ?? Vous avez vu un plafond, vous ?
Je levai les yeux et remarquai que rien n'arrêtait mon regard que quelques nuages dans un ciel bleu immaculé.
- Il faudrait construire une véranda pour que je puisse fumer.
- Comment ?
- Non, rien - lui dis-je, dépité – Ce serait trop long à vous expliquer.
Miraculeusement nos deux cigarettes s'allument. Je me vois contraint de faire les cent pas dans ce couloir étroit (difficile pour une andouille de faire cent pas en fumant une cigarette sans avoir de bras) tandis que Monsieur Pierre, ayant sorti un portable dernier cri de je ne sais où, contacte son supérieur. Je patiente ainsi de longues minutes, Monsieur Pierre rompant par instant le silence pesant par un « Hmm, hmm, je vois ».
Puis, tout à coup, il raccroche et déclare:
- Ça y est, la décision est prise. Ça n'a pas été facile de décider avec un imbécile comme vous !
- Je ne peux admettre qu'on m'insulte ainsi, mon cher M. Pierre. Cela fait plusieurs générations que nous fournissons à Lesneven des andouilles reconnues et de qualité. Nous n'avons jamais engendré d'imbécile. Nous sommes adeptes du travail bien fait chez les L'éponge, cher monsieur. Je tiens d'ailleurs à signaler que la toute dernière génération est d'une extrême précocité.
- Qu'est-ce que vous me chantez là ?
- Mon petit fils, âgé d'à peine 3 ans, répète déjà « je vous ai compris », « dégage pauvre con » et « tu crois ce que tu veux j'en ai rien à foutre ». Il n'est pas prétentieux de croire que, connaissant déjà des phrases parmi les plus célèbres de nos hommes politiques contemporains, il aille très loin dans la vie. Peut-être sera-t-il Maire voire Président, un jour !
- Avec des expressions pareilles! Y parlent comme ça maintenant les maires et les présidents ?
- Et oui, Monsieur Pierre, les temps changent, la politique et son langage aussi !
- On respecte plus rien, bientôt on mettra des caméras sur les clochers des édifices à la gloire du patron et on y fera des concerts de musiques païennes.
- C'est déjà fait, chez nous !
- Ben, on peut dire que vous êtes pas en retard ! Vous en avez d'autres des trucs de ce genre ?
- Bien mieux, on créée des ruines !
- Je ne comprends pas – s'exclame-t-il interrogatif.
- On construit des ruines ! On fait du faux vieux !
- Jamais entendu parler.
- Je sais, il n'y a que chez nous qu'on sait faire ça et on le fait très bien. On dirait des vraies ruines.
- Là, je reste sans voix. Bon, revenons à nos moutons ! Vous allez pouvoir entrer, mais attention vous serez dans un quartier à part !
- Un quartier à part ? Lançais-je, dubitatif 1
- Oui, le quartier de ceux qui se croient drôles. Vous allez y retrouver Coluche, Desproges, Bernard menez..
Je le coupe net:
- Bernard Menez ? Mais il n'est pas mort !
- Ah, bon, Je croyais, répond-il simplement. Vous allez aussi retrouver Arouet, et un type avec un nom presque aussi ridicule que le votre. Lui, y vient juste d'arriver et y vient de par chez vous.
- Mais Arrouet, il n'est pas mort non plus !
- Je voulais dire Voltaire ! Vous êtes casse-pied avec tous vos pseudonymes !
- Il faut pas confondre- lui dis-je. C'est vrai l'un luttait pour les libertés avec un certain humour, l'autre nous fait replonger dans un certain obscurantisme de pensée, lançai-je, fier d'une si belle tirade et étonné par moi-même d'une telle aisance verbale.
- Mais lui il a une dette avec le patron !
- Une dette ?
- Oui, il s'est rendu coupable d'un péché de 3e catégorie en livrant sur la place publique le nom d' un des ces concitoyens. Il a commis une faute suivant les canons en cours et tant qu'il ne se sera pas excusé, il est passible du purgatoire. Les règles sont formelles ! Et le patron y rigole pas avec ça non plus.
- C'est un peu dur tout de même, il n'est pas si méchant Arrouet. Il a pas l'air drôle votre chef. Je risque encore d'avoir des problèmes. C'est lui qui gère aussi les abonnements à l'eau et à la bibliothèque dans votre paradis?
- Pour ce qui est d'Arouet, c'est pas à nous de juger ! Quant au patron, il a ses défauts mais en général, il est juste et bon. Je ne l'ai jamais vu abuser de ses pouvoirs qui vont bien plus loin que de simples abonnements. Bon allez, ça suffit, allez y maintenant, j'en vois d'autres qui arrivent. Une fois entré, prenez la première à gauche ! Adieu !
- à dieu ! lançais-je avec un humour très fin. Mon esprit,de nouveau interpellé par tant de malice, marqua une petite pause pour bien apprécier l'humour dont il fait preuve parfois. Puis j'ajoutai: Merci M. Pierre !
Posant la main, que je n'ai pas, sur la poignée, je me sentis soudain empli d'un bonheur immense, une chaleur intense s'empara de moi et je n'eus plus envie que d'une seule chose: boire une bonne bouteille de Pschitt jusqu'à la lie !
Je poussai la porte, plein d'espoir.
Fin du chapitre
1 [Je tiens à préciser pour les ignares, chaque jour plus nombreux, que dubitatif ne signifie pas éjaculateur précoce]
31 août 2008
La peau de l'Andouille Chapitre 2: « Le Maire m'a tuer ! » (attention c'est pas vrai, là aussi c'est de l'humour)
Pour les idiots, (mais je sais que si vous me lisez, vous ne pouvez être idiots), il faut lire d'abord le message du 29 août 2008 (le chapitre 1) avant celui-ci. Etonnant, non !
On a donc préféré répondre à une Andouille par la menace plutôt que par l'humour ou simplement en l'ignorant superbement.
Quel est donc mon crime ?
- d'avoir un humour trop compliqué à comprendre (pourtant j'ai fait simple !) ?
- de ne pas être d'accord avec le pouvoir en place, de le dire et surtout de le diffuser sans que personne ne puisse en contrôler le contenu ?
- d'avoir donné un avis purement subjectif sur des oeuvres paysagères comme un critique de cinéma en fait sur un film ?
- d'avoir mis en avant certaines incohérences dans les décisions municipales ?
- d'avoir dit que lesneven ne pourrait en l'état actuel du label devenir « cité de caractère » ?
- d'avoir froissé quelques élus par mes propos ?
- d'avoir rebaptisé le Kannadig pour l'appeler « LA VEЯITE » car ses comptes rendus du conseil n'étaient pas toujours fidèles ?
- d'avoir agité le microcosme politique lesnevien dans la douce torpeur printanière post-électorale ?
- d'utiliser un pseudonyme ?
Cela s'appelle la liberté d'expression et, si elle n'existe pas vraiment en Chine, il me semblait qu'à Lesneven, elle faisait toujours partie des libertés individuelles et n'avait rien de criminel. Je ne fais pas pire que n'importe quelle publication satirique, à mon échelle bien sûr. Et, jusqu'à présent, des publications de ce type existent toujours en France. Je rappelle surtout que ce blog était plein d'humour (partout, partout).
Un air de censure à l'état larvaire plane dans l'air lesnevien : Y a-t-il des choses que l'on peut dire et d'autres que l'on ne peut pas dire (même avec un peu d'humour) pour ne pas froisser les tenants du pouvoir ?
Justement, pour vous faire réfléchir à une conception particulière du pouvoir démocratique, je vous livre le dernier paragraphe du message du Maire transmis par Le Masque (je ne puis toujours pas croire qu'il soit du Maire et suis prêt à publier un démenti) :
« [...] Fini de jouer, l'andouille. Si vous voulez des réponses aux questions que vous vous posez,faites comme tous les honnêtes citoyens,venez me rencontrer en mairie,et vous aurez des réponses. Sachez que vous n'obtiendrez rien sur un site anonyme. Autre chose, je n'oublie rien et suis très rancunier par nature! Souvenez-vous de ceci si un jour,vous avez besoin des services communaux......
JEAN YVES LE GOFF,MAIRE DE LESNEVEN.
TEXTE PUBLIE PAR LE MASQUE »
Je préciserai simplement que vouloir maîtriser l'information, disposer des services communaux suivant son bon vouloir, tenter de faire taire une andouille par des pressions indirectes, répondre à la critique en retirant la parole au conseil municipal n'est pas digne, à mon sens, de représentants élus démocratiquement.
N'oublions pas non plus que le pouvoir des élus vient du « Peuple ». Et que, si aucun élu n'a pas de compte à me rendre, il pourrait en rendre après de tels propos aux représentants élus des partis d'opposition lesneviens ainsi qu'aux membres de la majorité, qui, je l'espère, vont s'insurger contre de tels agissements de la part d' élus (sous réserve, bien sûr, qu'ils soient les auteurs de ces messages honteux). Je suggère également de demander au prochain conseil municipal par quel moyen légal on tente de faire taire l'Andouille.
Tout cela est allé bien trop loin pour quelques phrases et photographies baignées d'un humour sans doute trop corrosif.
Cette agressivité latente, ce manque flagrant d'humour, ces propensions autocratiques, ont achevé de me dégoûter. Je ne serai jamais capable de lutter seul contre une telle agressivité à mon endroit. Je laisse les lesnenevois et lesnenevoises décider si je suis ou non un « honnête » lesnevien. Pour ma part, je ne pense être passible d'aucun crime ou délit.
Pschit est mort au Mont Esquieu (courage pimprenelle, vient faire une partie de belote au bois du Ducce). Et maintenant, Bob jette l'éponge. On a eu la peau de l'Andouille. Elle tentera autant que faire se peut de garder ses délicieuses tranches éloignées des crocs acérés de ces hordes de loups qui la lorgnent.
Mais peut-être ressortira-t-elle un jour à visage découvert pour reposer en face les mêmes questions ? Va-t-on alors m'embastiller ? Me refuser l'inscription à la bibliothèque ? Me couper mon abonnement à la régie des eaux et au tout à l'égout ? Me couper le micro ou le dernier testicule qui me reste ?
Étant ouvert d'esprit et prêt au dialogue, je suis disposé à discuter avec tous (par mail bien sûr). J'aimerais savoir ce qu'on me reproche vraiment (hormis le fait d'être anonyme) et que l'on me dise ce que l'on a droit de dire et de ne pas dire à Lesneven.
Juste pour vous amuser une dernière fois, je suggère à Riton, Hirondelle, Néron, rion encoeur...et tous les autres la création d'un comité de soutien (mais je veux un peu plus de noms que sur celui du Barbichu !), d'une pétition pour sauver l'andouille de lesneven (que les lesneviens signeront, comme celle des déchets verts, le couteau sous la gorge !) ou pour la résurrection de Pschitt , de porter un brassard noir pour son décès et de se promener avec une andouille muselée en laisse. Ceux qui le désirent peuvent aussi amener avec eux une andouille bâillonnée au prochain conseil municipal (en plus ça pourra servir pour les toasts après le conseil ! Vous voyez, Bob veut le bien de tous, majorité comme opposition, vous pourrez trinquer ensemble à ma santé !)
Je n'étais pourtant qu'une grosse andouille ! Tout le monde était prévenu dès le début que j'étais bête et méchant, je ne l'ai sans doute pas été assez. La prochaine fois, je serai très beau et très intelligent. C'est quand même grave, on raconte trois bêtises, on fait rire quelques personnes et on nous prive indirectement de ce plaisir. Vous me manquerez tous, partisans comme opposants à ce blog, car je crois que l'on a quand même tous ri un peu ces derniers mois.
Au final, ce blog pourrait reprendre si les menaces indirectes cessent. J'espère que les associations politiques lesneviennes d'opposition comme de la majorité ainsi que tous les lesneviens qui ont apprécié de s'amuser un peu ces derniers mois, ne laisseront pas s'installer insidieusement un frein à la liberté d'expression dans notre si petite et si jolie commune. Qu'elles réagiront un minimum à ce que je considère comme une atteinte à nos libertés individuelles . Ce n'est pas moi qui demande à être défendu mais bien ces principes fondamentaux.
Mais Lesneven n'est pas encore en Chine ! Pour l'instant, on nous empêche juste de rire et pas de penser !
Il est bien dommage d'être autant allergique à l'humour et au poil à gratter !! Bob était certes une andouille mais ne semble pas être si ridicule que cela au final !
Je vous incite tous à y réfléchir et à en parler autour de vous. C'est en faisant sortir ces pratiques inadmissibles de la confidentialité du web que l'on gênera le plus les lesneviens liberticides.
Le destin de l'andouille de Lesneven est entre vos mains !
Au revoir !
Robert épongé
Andouille de Lesneven
« Ecr. par la bêtise humaine »
devenu ennemi public n°1 dans une toute petite cité de sale caractère